Sidavone Sipaseuth, démineuse.

Contemporains, Portraits

Sidavone est une femme Lao de 39 ans. Elle est à la tête d’une UCT (Uxo Clearance Team, une équipe de démineurs) du groupe MAG (Mines Advisory Group) au Laos.

Comme 80% de la population laotienne, Sidavone est d’origine rurale. Recrutée par MAG en 2001, son évolution professionnelle l’a conduite à prendre la tête, en 2007, de la première équipe entièrement féminine employée au déminage du pays le plus bombardé du monde. En 2013, elle est devenue la première femme Lao à atteindre le 4eme niveau d’habilitation des démineurs de MAG.

Bien qu’exerçant l’un des métiers les plus dangereux du monde, Sidavone considère (en toute connaissance de cause !) que son travail l’est beaucoup moins que celui des paysans qui cultivent quotidiennement leurs terres non décontaminées des UXO (UneXplosed Ordnance, engins non explosés). En effet, comme beaucoup de familles Lao, celle de Sidavone fut affectée par la persistance du problème qui, plus de 4 décennies après les derniers bombardements, contamine encore une immense majorité du territoire laotien. A l’âge de 10 ans, Sidavone fut miraculeusement épargnée par l’explosion qui arracha un bras et un œil à sa sœur aînée, alors âgée de 15 ans, alors qu’elles travaillaient ensemble dans la petite parcelle familiale de leur village natal de Houay Dok Kham. Plus de 40% des victimes des UXO du Laos sont des enfants qui, comble de la cruelle ironie d’une guerre, sont nés après la fin d’un conflit dans lequel leur pays natal n’était même pas engagé !

Une équipe féminine de démineuses du Laos, credit photo MAG international
Une équipe féminine de démineuses du Laos, crédit photo Tessa Bunney pour MAG International

Tous les démineurs du Laos sont extrêmement fiers de leur mission et accomplissent exactement les mêmes tâches. La différence la plus notable entre les équipes des deux genres se caractérise dans les priorités respectives des équipes à leur arrivée sur de nouvelles zones à nettoyer. En effet, là où les hommes se dirigent directement vers les champs, les femmes préfèrent naturellement se consacrer d’abord au déminage des chemins d’accès à l’eau, à l’école et aux terrains proches du village concerné.

Entre 2004 et 2012, les équipes de MAG ont détruit plus de 160.000 UXO et sécurisé les terres de près de 450.000 Laotiens. L’optimisme, doublé d’une réelle bonne humeur quotidienne, des femmes comme Sidavone (moins soumises à la rancœur envers les responsables américains !), sera encore bienvenu pendant bien longtemps au sein des équipes de déminage du pays quand on sait que ces chiffres représentent 1% seulement du problème qui, de ce fait, reste plus qu’entier !

Credit photo en-tête d’article : Tessa Bunney, Photographe.

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