Miss Pi-Maï Lao

Culture

Le Boun, c’est la fête ! Au Laos, c’est un art de vivre ! Pour Pi-Maï, elle dure 3 jours entiers et n’est que la première de l’année… Cette histoire a commencé avec le défi lancé par le dieu Kabinlaphon au jeune Thammabane…

Kabinlaphom avait 7 filles, si belles qu’elles furent nommées Nang Sangkane, les Demoiselles (aujourd’hui on dirait les Miss) du Nouvel An, car elles prirent soin d’empêcher que la tête coupée de leur père ne tombe à terre (et y mette le feu), ne s’envole dans les airs (et en assèche les nuages et les pluies qu’ils contiennent) ou ne roule dans les eaux (engloutissant alors les rivières et les océans).

Miss Pi-Maï Lao portant la tête de Kabinlaphom (photo Pong Phoonsab)
Miss Pi-Maï Lao portant la tête de Kabinlaphom (photo Pong Phoonsab)

Les 7 sœurs portèrent la tête de Kabinlaphom sur une plaque d’or pour la déposer dans la grotte de Kantoumaly, au cœur de la montagne Kaosoumeloutat. Depuis lors, à chaque nouvelle année, l’une d’elle retourne dans la caverne pour l’arroser d’une eau parfumée de fleurs… Cette eau florale est devenue l’ingrédient principal des festivités de Pi Maï Lao.

Chacune des 7 sœurs porte des attributs différents (dans chacune de ses mains, droite et gauche), voyage sur un animal et à la réputation d’avoir un aliment préféré. La première, appelée Thoungsathavee, porte une roue et un coquillage, voyage sur un aigle et aime les aubergines. La seconde, Kolakha, tient une épée et un bâton d’un pied de long, est assise sur un tigre et préfère le sésame. La troisième, Harksa, est armée d’un trident et une flèche, sa monture est un gros cochon sauvage et affiche un goût prononcé pour le sang. Mountha, la quatrième, a une aiguille et une baguette, chevauche un âne et boit du lait. Kirinee et Kinitha, les cinq et sixièmes sœurs, portent respectivement des munitions et une arme, une épée et une mandoline, sont portées par un éléphant et un buffle et préfèrent manger des graines de frangipanier et des bananes. La septième et dernière, Manothone, porte une roue et un trident, est portée par un paon et aime… la chair humaine !

Bien qu’ayant ses origines dans l’eau utilisée par les Nang Sangkane, elle est naturellement entrée dans les traditions bouddhistes du Pi Maï Lao. Toutes les maisons, nettoyées de fond en combles, accueillent d’immenses bassines de préparation d’une eau florale qui, une fois bénie par les moines, sert à la toilette des images du Bouddha et à transmettre la chance, la longévité et la prospérité aux parents, voisins, amis et visiteurs, qui s’en aspergent généreusement pendant les 3 jours de Boun Pi-Maï Lao.

3 jours qui pourraient bien symboliser les 3 réponses de Thammabane… Ou les 3 plaies évitées aux hommes grâce aux soins prodigués par ses filles à la tête de Kabinlaphom qui repose toujours sur sa plaque d’or puisque la terre n’a pas brûlée, que les nuages donnent toujours leurs pluies et que les rivières continuent de couler…

Merci à Pong Phoonsab pour sa cordiale autorisation à utiliser ses photographies en illustration, vous pouvez trouver ses autres oeuvres sur son site Pongfotografie et le début de l’Histoire de Pi-Maï Lao dans les pages « culture » de Lao-Mag.

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