Lolo_Ban-Nang-Boua

Ethniques, Portraits

Beaucoup d’occidentaux ont découvert le groupe ethnique des Lolos lors d’un « rendez-vous en Terre inconnue » en compagnie d’un rugbyman* bien connu…

Cette communauté, principalement issue de la province du Yunnan, compte environ 6,5 millions d’individus (en 1990) qui en font l’une des ethnies minoritaires les plus importantes du Sud Ouest de la Chine. Du Vème au VIIIème siècle, des vagues migratoires ont conduit une partie de cette population vers les régions montagneuses avoisinantes. A la fin du XXème siècle, leur population fut estimée à 3.100 au Nord Vietnam (1989), 1.400 au Nord Laos** (1990) et une poignée en Birmanie (descendants des 700 immigrés comptés en 1921).

L’habitat traditionnel des Lolos, des maisons en bois construites sur un sol de terre battue, a quelquefois évolué vers des constructions sur pilotis lors des migrations passées mais leur intérieur, composé d’une pièce unique agencée autour d’un foyer central de cuisson (et d’éclairage pour certains villages non encore électrifiés), n’a guère changé depuis des temps immémoriaux.

Les Lolos ne sont d’aucune religion, leurs croyances sont orientées vers l’animisme et la présidence de leurs cérémonies est une fonction réservée au chef de village. Ce même homme est aussi le gardien du bien matériel le plus précieux de la communauté (les tambours de bronze, instruments sacrés de communication entre les vivants et les morts qui rythment les rites funéraires pratiqués au sein de la communauté villageoise).

Quelques pièces de bétail (cochon et buffle) complètent les traditionnelles basses-cours qui séjournent habituellement sous le plancher des maisons Lolos et malgré l’apparition du maïs et du soja, la riziculture constitue la principale activité de leur économie de subsistance.
Leur quotidien commence avant l’aube, avec les tâches domestiques (nourriture et soins des animaux) et se poursuit dans le travail des rizières où plantations, repiquages, réparations, labourages et bien d’autres travaux physiques se succèdent au fil des jours avant de profiter des deux récoltes annuelles. Après le coucher du soleil, les repas réunissent la cellule familiale qui s’élargit souvent d’autant de bouches que de voisins et amis venus prêter mains fortes pendant la journée passée.

Photo d'Emmanuel Pervé, 6h du matin a Ban Nang Boua.
Bien qu’émaillée de « modernité » la vie quotidienne des Lolos est basée sur une notion essentielle de leur communauté : la solidarité. – Photo d’Emmanuel Pervé, 6h du matin à Ban Nang Boua, Province de Phongsaly, Laos.

Les Lolos vivent sans aucun doute dans ce que notre « modernité » qualifie de « pauvreté » mais aucun des voyageurs qui se donnerait la peine de les rencontrer ne pourrait manquer de ramener une part de l’immense richesse qui les caractérise : la solidarité… Cette valeur essentielle que les Lolos n’ont de cesse de développer chaque jour et que la grande majorité de l’Humanité gagnerait certainement à redécouvrir quelque peu.

Lao-Mag remercie vivement Emmanuel Pervé pour son amicale autorisation à utiliser ses photographies en illustration et couverture de cet article. Expatrié en Asie, son travail et ses images témoignent d’un amour et d’un respect sincères pour ses peuples et sa biodiversité, à découvrir sur sa page Fb : Photos de Thaïlande et d’Asie ou dans l’un de ses ouvrages que vous trouverez par correspondance chez Livres d’Asie.

*Frédéric Michalak qui, suite à son séjour avec les Lolos Noirs du Nord Vietnam en 2010, a fondé une association caritative destinée à les soutenir dans le développement d’une micro-économie, à découvrir en suivant ce lien : « Tends la Main ».

**Retrouvez le groupe Lolo du Laos et son implantation géographique sur la cartographie ethnique du pays dans l’article mosaïque ethnique du Laos.

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