Thammabane (Histoire de Pi-Mai)

Culture

Une histoire (pas forcément la seule !) des origines des festivités du Pi-Maï Lao, le Nouvel An Laotien, qui cette année, marque la fin de 2558 et le début de 2559, les 13, 14 et 15 avril (2016 pour le reste du monde)…

C’est l’histoire de Thammabane, fils d’un riche paysan, qui vécut dans les contrées lointaines d’Asie il y a très très longtemps, avant Bouddha lui-même… Le garcon était respecté par tous pour sa grande intelligence. Il comprenait les langues de beaucoup d’ethnies aussi bien que le langage des animaux de la terre et des oiseaux du ciel.

Le dieu Kabinlaphom, envieux de la notoriété de Thammabane, descendit un jour des cieux pour lui imposer un terrible défi. Le garçon, en cas d’échec, aurait la tête tranchée et, dans le cas contraire, c’est le dieu jaloux qui se décapiterait lui-même. Thammabane n’eut d’autre choix que d’accepter mais obtint un délai de 7 jours pour répondre aux trois questions du défi : « Où est la teinte lumineuse et brillante du corps le matin ? Où est la teinte lumineuse et brillante du corps dans l’après-midi ? Et où est la teinte lumineuse et brillante du corps le soir ? »

Thammabane passa les trois premiers jours à chercher les réponses mais n’en trouva aucune… Au soir du troisième jour, il s’endormit au pied d’un arbre où nichaient des aigles. Pendant son sommeil, les oiseaux eurent une conversation :

« – Qu’allons nous manger demain ? demanda une femelle,

 – Oh ma chère, inutile de se fatiguer à la chasse, nous pourrons nous repaître bientôt de la   chair de Thammabane ! lui répondit son mâle,

 – Pourquoi ? demanda-t-elle alors,

 – Parce qu’il ne connaît pas les réponses aux 3 questions… » qu’ils répétèrent alors ensemble…

Le garçon, bercé par les mots des oiseaux, trouva naturellement les réponses dans sa journée du lendemain… Au matin, Thammabane s’éveilla et se rinça le visage ; dans la chaleur de l’après-midi, il se rafraîchit en s’aspergeant le torse et, le soir venu, il se lava les pieds avant d’entrer dans son lit… Où il s’endormit confiant, au soir du 4ème jour, avec les réponses aux 3 questions de Kabinlaphom (la tête, le torse et les pieds qui étaient, au matin, l’après-midi et le soir, les zones du corps rendues lumineuses et brillantes par l’eau de leurs toilettes successives). Le garçon ne fut pas pour autant tiré d’affaire car la menace de la tête tranchée du dieu pouvait générer 3 catastrophes, selon qu’elle tombe sur la terre, qu’elle saute dans les airs ou qu’elle roule dans les eaux…

Un grand merci à Marie-Ange Perney Portal pour sa cordiale autorisation à utiliser sa photographie en tête de cet article. Retrouvez ses oeuvres et ses conseils photo sur son blog apprendre-la-photo-de-voyage.com, et la suite de l’histoire de Pi-Maï Lao, dès demain, sur le site de Lao-Mag…

Laisser un commentaire