Baci vieux comme le Monde

Baci, Culture

Dans la culture Lao, le Baci pourrait dater de Khoun Borom (ancêtre légendaire de la création du Monde humain*)…

Un vers du poème épique qui retrace son épopée est repris dans la plupart des prières de « rappel des khouanes » (la raison d’être de la cérémonie) et tendrait donc à valider cette hypothèse d’une origine immémoriale.

Ces légendes laotiennes prétendent également que les couples auraient été prédestinés à leur union dès avant leur naissance. Les cordelettes de coton blanc reliant les poignets des jeunes mariés seraient les mêmes que celles qui les unissaient déjà, au Ciel, avant qu’ils n’entament leur descente vers la Terre et ne perdent leurs liens (arrachés par les tempêtes et les vents violents qui caractérisent le long et douloureux voyage de chaque être humain vers sa naissance terrestre).

Ces cordelettes rituelles sont des éléments incontournables de la préparation d’un sokhouane (autre nom du Baci). Une fois nouées aux poignets des participants, elles symbolisent les liens qui unissent l’assemblée et permettent surtout d’empêcher les khouanes, revenus dans leur corps porteurs pour participer à la fête, de s’échapper à nouveau…

La bonne préparation d’un Baci veut qu’un phakouane représente le centre de l’Univers durant toute la durée des festivités. L’objet rituel est un plateau, voire une table entière, destiné à recevoir les plats et les boissons favoris des khouanes (gourmands en plus d’être vagabonds), une coupe contenant la cordelette rituelle qui réunira tous les convives pendant la cérémonie et les bracelets de coton blanc (qui symboliseront les vœux et les souhaits de chacun). Le phakouane est traditionnellement porteur d’un markbeng, cône d’offrande sculpté (en papier doré ou en feuilles de bananier, orné de fleurs et de plus ou moins grande taille) représentant, par ses cinq étages surmontés d’un ou deux cierges, les cinq préceptes du bouddhisme (ne point tuer de créatures, ne point voler, ne point commettre d’adultère, ne point mentir et ne point consommer de boisson enivrante) ou les cinq niveaux du monde des hommes et la lumière céleste qui éclaire le chemin de leur vie.

* voir aussi l’éléphant blanc de Khoun Borom.

Lao-Mag remercie à nouveau Fleur H. pour son aimable autorisation à recadrer et utiliser sa photo en tête de cet article (et du précédent Baci, khouanes et cie). Vous trouverez d’autres images de cette amoureuse du Laos (et de belles illustrations de son travail en France et ailleurs) sur son site Fleur H, photographe.

Laisser un commentaire