Baci, khouanes et Cie

Baci, Culture

Le Baci (ou soukhouane) est la cérémonie Lao par excellence. Facile à dire, impossible à comprendre sans une explication des bases du système de représentation de la culture Lao…

Comme la plupart des êtres humains, les Lao pensent que tout être vivant serait, dès sa naissance, composé d’un corps physique et d’une part invisible (l’âme en quelque sorte). Mais, en plus du fait d’attribuer également une âme aux végétaux (voire aux objets indispensables du quotidien), la spécificité culturelle Lao porte à 32* le nombre d’entités, appelées khouanes, qui composent cette part invisible de tout « corps porteur ». Qu’il soit humain, animal, végétal ou simplement usuel (dans le cas d’un outil, d’une maison…), la présence des khouanes est une condition sine qua none au bon équilibre de chaque « corps physique », animé ou pas.
De ce fait, les Laotiens expliquent le moindre déséquilibre ou disfonctionnement (du plus petit éternuement à la pire des catastrophes) par l’incomplétude ou l’absence des khouanes. Les rêves ne sont, à leurs yeux, qu’une preuve incontestable de la liberté d’action de ces « êtres invisibles », doués d’une volonté propre et d’un goût prononcé pour le vagabondage en dehors du corps qu’ils habitent habituellement en parfaite harmonie.

« Récupérer ses esprits » est une petite phrase anodine pour beaucoup d’entre nous, pour les Lao c’est quelquefois une question de vie ou de mort !
Se prémunir de l’absence prolongée des khouanes à chaque étape importante de sa vie (mariage, naissance, déménagement, nouvelle année…) ou y remédier chaque fois que nécessaire (maladie, accident, catastrophe naturelle…) est la raison d’être de cette cérémonie qui, dépassant la fonction traditionnelle de ses origines, est devenue, au fil des siècles, un fait sociétal de tout premier ordre dans toutes les communautés Lao de par le Monde : le Baci.

*32 est considéré comme le « chiffre parfait » par le bouddhisme theravada pratiqué au Laos. Il dénombre les 32 parties du corps humain et les 32 signes de la perfection du Bouddha.

Lao-Mag remercie vivement Fleur H. pour son aimable autorisation à recadrer et utiliser sa photo en tête de cet article. Vous trouverez d’autres images de cette amoureuse du Laos (et de belles illustrations de son travail en France et ailleurs) sur son site Fleur H, photographe.

Laisser un commentaire