Auguste-Pavie-et-Pierre-Lefevre-Pontalis-1893

Historiques, Portraits

Auguste PAVIE fut, en 1887, le premier vice-consul de France au Laos. Son attitude respectueuse et pacificatrice lui permit d’obtenir le protectorat du Royaume de Luang-Prabang par la France afin de déjouer les plans de conquêtes du Royaume de Siam (soutenu par les Britanniques). Il devint commissaire général du Laos en 1893 et eu, là encore, une grande influence sur le Traité de réunification qui marqua la Renaissance du Laos.

Auguste PAVIE, né à Dinan en 1847, s’est engagé dans l’Armée de Terre à 17 ans. Rejoignant l’Infanterie de Marine 2 ans plus tard, il fut affecté à Saïgon, en Indochine, l’année de ses 20 ans. Une courte participation à la douloureuse guerre franco-prussienne de 1870 le ramena dans l’Hexagone avant d’obtenir sa mutation, en 1876, à Kampot, au Cambodge (alors nommé la Cochinchine) où il fut le seul Occidental pendant plus de 3 ans. Les visions arrogantes et colonialistes du jeune militaire y furent balayées par son immersion totale dans la vie locale, la culture Khmère et l’enseignement bienveillant des moines Bouddhistes.

En 1881, Auguste PAVIE obtint la direction du chantier d’installation de la ligne télégraphique entre Phnom-Penh et Bangkok. Il fut décoré de la Légion d’Honneur, à 37 ans, pour les innombrables qualités humaines qu’il déploya dans la mise en œuvre de cette réalisation phénoménale. Cette même année 1885, lors d’un séjour à Paris, il fonda l’École du Cambodge (qui deviendra l’École Coloniale puis l’École Nationale de la France d’Outre-Mer) afin de permettre aux indigènes d’accéder à des formations et des postes de cadres dans l’administration des colonies.

C’est à son retour à Bangkok, en 1886, qu’il entama l’œuvre de sa vie : la « Mission Pavie », un voyage d’exploration des contrées inconnues du Haut-Laos. De rencontres en amitiés, de négociations en explorations, de fièvres en dysenterie, Auguste PAVIE fut, pendant près d’une dizaine d’années, un acteur incontournable de la pacification effective du Laos.

Il rentra définitivement en France en 1895 et consacra le reste de sa vie à la rédaction des comptes rendus de ses explorations, de « carnets de voyages », de recueils de contes ou d’ouvrages visant à la protection des éléphants. Il faudra pas moins de 10 volumes pour retracer les 36.000 km parcourus par l’explorateur dans « La Mission Pavie » qui présente, par la même, la toute première cartographie complète de l’Indochine.

Timbre du centenaire de la naissance d'Auguste Pavie
Timbre commémoratif du centenaire de la naissance d’Auguste Pavie

« Explorateur aux pieds nus », « Ami des peuples » ou « Grand humain de l’Indochine » sont autant des surnoms qu’il porte encore dans la postérité où il entra le 7 juin 1925.


Pour découvrir son oeuvre, ou sa vie.

Laisser un commentaire